Perchés, les maraîchers

Potager sur le toit de l'AgroParisTech
Sur le toit de l’AgroParisTech, dans le 5e arrondissement, le maraîchage en bacs permet de tester différents substrats. (Photo : AgroParisTech / DR.)

DEVENIR – Les toits de Paris seront-ils les champs des paysans de demain ? Des chercheurs font pousser tomates et laitues sur un toit-terrasse pour établir les bases techniques d’une agriculture urbaine viable.

Un potager urbain sur les toits. C’est l’expérience menée par l’école AgroParisTech, de son vrai grand nom « Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement ». Cet établissement d’enseignement et de recherche, sis dans le 5e arrondissement de Paris – en plein centre urbain donc –, étudie les conditions d’une production viable de légumes sur des toits en ville.

Le projet « T4P », pour « Toit parisien productif projet pilote », vise à concevoir une agriculture économe en ressources, qui valorise des espaces inutilisés et les déchets urbains et produise des légumes sains dans une économie circulaire et locale. Depuis mars 2012, en partenariat avec l’entreprise Topager, spécialisée en aménagements de toits et murs végétalisé, un jardin potager a été installé sur les 600 m2 du toit Betrand-Ney de l’Institut, à la hauteur d’un cinquième étage. Là, dans des bacs, en conditions réelles, les chercheurs font se succéder de mars à octobre des cultures de laitue et de tomate : un légume-feuilles et un légume-fruit, pour différents contrôles de présence de polluants.

Plusieurs types de substrat de culture, à base de déchets de la ville, sont ainsi en test : déchets « verts », bois broyé, marc de café enrichi d’un mycélium de pleurotes (issu de la production de pleurotes de la ferme urbaine U-Farm)… comparés à un bac témoin contenant du terreau horticole universel classique. Quant aux soins apportés aux cultures, le fonctionnement du potager est calqué sur celui d’un jardin associatif. Le but est d’établir un schéma aisément reconductible ailleurs.

Quatre ans après, les résultats sont loin d’être anecdotiques. La production, supérieure à celle obtenue avec le terreau, est équivalente à celle d’un maraîcher biologique en plein champ. Les légumes sont sains : sur cinq métaux lourds mesurés, les taux de plomb et de cadmium « sont largement inférieurs aux normes en vigueur et les légumes peuvent de ce fait être consommés sans risque », selon la plaquette du projet T4P.

Ce jeudi 23 juin 2016 à partir de 18 h 30, à l’occasion de sa « Nuit de l’agroécologie », l’AgroParisTech ouvre aux visiteurs son potager urbain expérimental. Suivront une projection du documentaire Des cultures et des villes, vers une agriculture urbaine, d’une cinquantaine de minutes, et une discussion avec les enseignants-chercheurs. De quoi en savoir plus sur une technique d’avenir !

Marie-Do Bergouignan

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