Quartier Frais, la start-up d’un duo éco-engagé

Le duo végétal du Quartier Frais. Romain à gauche et Alexandre à droite.
Romain (à gauche) et Alexandre, le duo végétal du Quartier Frais. 

ÉCONOMIE – Quand protéger la planète devient un business. La jeune pousse commence tout juste à éclore après avoir signé son premier contrat le mercredi 15 juin. De l’idée, de génie, à sa mise en place, Quartier Frais a connu nombre de ces rebondissements qui ponctuent la vie d’une start-up. Rencontre avec ses créateurs.

Start-up et financement participatif

Au premier abord, Romain et Alexandre ressemblent à n’importe quel jeune Parisien. Un look décontracté, une petite barbe de trois jours et de l’entrain à revendre. Mais ces deux damoiseaux ont plus d’un tour dans leur sac. Amis et partenaires de labeur depuis un quinquennat, ils se sont rencontrés lors de leurs études de commerce. Du haut de leurs 22 et 23 printemps respectivement, Rom et Alex ont monté leur première start-up, Quartier Frais, en mars 2016. Cette aventure n’a pas été des moindres. Concernés par une alimentation saine, ils lancent la campagne pour leur distributeur automatique de repas frais en février 2016 sur le site de financement participatif français ulule.com. Quarante jours plus tard, l’objectif des 20 000 euros, pour fabriquer la machine, est atteint. Dans une démarche éco-responsable, le duo a décidé de choisir du bois de récupération pour le distributeur, des bocaux en verre réutilisables pour les repas, et les invendus seront redistribués aux banques alimentaires de la région Île-de-France. « Nous ne sommes pas des écolos purs et durs, mais nous partageons ce souci de protéger l’environnement  », souligne Romain. « Lorsque nous avons décidé de nous associer, la start-up était notre objectif premier mais nous voulions vraiment nous inscrire dans un projet engagé  », ajoute Alexandre. Plus concrètement, le distributeur de repas frais propose une ribambelle de salades, de quiches, de tartes, salées et sucrées, de desserts fruitiers ou pâtissiers, de boissons diverses, sans oublier des petits encas tels que des chips de légumes. Il y en a pour tous les goûts et tous les prix. Les plats varient entre six et huit euros cinquante, les boissons et les desserts ne dépassent pas les quatre euros cinquante et le menu complet est de douze treize euros. Facile et rapide, la commande se fait sur un écran tactile et le paiement, par espèces, cartes de crédit ou tickets restaurants.

Distributeur automatique de repas frais (Photo: Quartier Frais.)
Schéma du distributeur automatique de repas frais.

 

La réalité de la vie d’une entreprise

Qui dit entrepreneuriat dit innovation et indépendance. Pour les deux acolytes, la solution start-up était dans leur ligne de mire depuis un moment. Mais les imprévus se sont glissés au fur et à mesure dans leur agenda. « Il faut savoir s’ajuster à chaque situation. Quand il y a un hic quelque part, Alex et moi sommes sur le coup pour trouver un remède », explique Romain. Et des difficultés, les associés de Quartier Frais en ont rencontré. Non seulement obligés de changer leur blase, originairement Le Saladier, pour des raisons de propriété industrielle, ils ont également dû mettre de côté leur démarche locale. « Nous pensions que notre idée allait aider de nombreux producteurs locaux, mais la réalité est tout autre. Ils sont débordés. Signer un contrat avec notre entreprise aurait été un poids en plus pour eux », raconte Romain.

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Ces rebondissements ont alors retardé le lancement de leur activité, mais tout vient à point à qui sait attendre. Trois mois après la campagne ulule, les deux compères décrochent leur premier contrat avec l’incubateur de start-up Pépinière 27 (11e). Dès le mois de septembre, un distributeur de repas frais y sera installé pour la joie de 73 entreprises innovantes logées dans la pépinière. Aujourd’hui, le travail de Romain et Alexandre consiste à trouver toujours plus de contrats avec des entreprises et pourquoi pas un jour nourrir tous les salariés d’Île-de-France. Le plus gros reste à venir, puisque, une fois l’été terminé, ils devront assurer la manutention et la logistique, c’est-à-dire délivrer les produits cuisinés le matin même et prendre en charge le nettoyage et la réparation du distributeur si besoin est. Le conseil des deux jeunes pousses d’entrepreneur est qu’il faut « prendre son pied ». Lorsqu’on se lance dans l’aventure start-up, l’important est d’être motivé par son projet, de savoir se remettre en question et surtout d’en parler autour de soi et d’écouter les recommandations. « Attention à ne pas faire ses cartes de visites et goodies avant d’avoir vérifié la disponibilité du nom de l’entreprise à l’INPI [Institut national de la propriété industrielle] », dit Alexandre en rigolant.

Texte : Manon Ricou

Photos : Quartier Frais

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