Contre le dioxyde d’azote, Paris adopte un « Crit’air »

La Tour Eiffel masqué par un nuage de pollution, le 11 mars 2014 à Paris (Photo: Patrick Kovarik.)
La Tour Eiffel masquée par un nuage de pollution, le 11 mars 2014 à Paris. (Photo : Patrick Kovarik.)

POLLUTION – Une « évaluation quantitative d’impact sanitaire », publiée mardi 21 juin par Santé publique France, rappelle que la pollution atmosphérique constitue un problème majeur. Les effets de la pollution sont, sans surprise, plus importants dans les grandes villes. Paris tente de renverser la tendance en mettant en place plusieurs dispositifs visant à améliorer la qualité de l’air et donc la santé de ses habitants.

Vivre à Paris lors d’un pic de pollution, c’est comme respirer la fumée de huit cigarettes dans une pièce de 20 m2. Selon une étude d’Airparif (association agréée de surveillance de la qualité de l’air), le trafic routier est responsable des deux tiers des émissions de dioxyde d’azote et de 55 % des émissions de particules à Paris. La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, et la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, ont présenté le mardi 21 juin 2016 dans les locaux d’Airparif, le nouveau dispositif Crit’air de classification des véhicules. Enjeu majeur de la santé publique, la lutte contre la pollution atmosphérique est une priorité de la Ville.

À gauche: Anne Hidlago, maire PS de Paris. À droite: Ségolène Royale, ministre de l'Environnement. (Photo: AFP.)
Anne Hidalgo (à gauche), maire PS de Paris et Ségolène Royal, ministre de l’Environnement. (Photo : AFP.)

Ségolène Royal a retenu six classes de vignettes Crit’air, permettant de distinguer les véhicules en fonction de leur niveau de pollution. Paris est la première ville française à utiliser ce dispositif mis en place par l’État, qui sera opérationnel à partir du 1er janvier 2017. Concrètement, cette vignette n’est pas obligatoire pour les conducteurs, mais peut donner droit à des avantages. Le maire d’une ville peut ainsi décider, par exemple, de proposer la gratuité du stationnement pour les véhicules électriques et une réduction pour les catégories 1, 2 et 3. Ou encore, pour gérer plus efficacement les pics de pollution, il peut être préférable de remplacer la circulation alternée par une circulation différenciée en s’appuyant sur les certificats de qualité Crit’air. En ce qui concerne le choix d’un véhicule électrique en ville, ce système pourrait avoir un réel pouvoir incitatif.

Six vignettes Crit'air (Photo: ecologiEnergie.)
Les différentes vignettes Crit’air. (Photo : EcologiEnergie.)

L’air est un bien collectif précieux. Depuis le vote de la loi de transition énergétique en juillet 2015, des mesures concrètes ont été engagées pour améliorer la situation. La Ville de Paris a ainsi déjà imposé des restrictions de circulation aux véhicules lourds les plus polluants, essence et diesel, immatriculés avant 2001, depuis le 1er juillet 2015. Cette année, les véhicules particuliers et utilitaires légers, immatriculés avant 1997, et les deux roues motorisés, immatriculés avant 1999, sont, eux aussi, touchés par une restriction. Il leur sera interdit de circuler dans Paris les jours ouvrés de huit heures à vingt heures à partir du 1er juillet. Mais en contrepartie, la mairie proposera des aides aux Parisiens qui renoncent à leur voiture, telles qu’une réduction sur l’abonnement Autolib’, ou encore un an de Navigo et de Vélib’.

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Manon Ricou

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