Tour d’Europe écologique

ENQUÊTE – Si Paris tend à devenir une ville verte, ses camarades européennes lui mènent une rude concurrence. Conseil de classe des villes vertes.

Reykjavík, la meilleure élève

Le Grand Nord vous effraie ? Vous avez peut-être tort. L’Islande semble être un petit paradis au milieu de l’Atlantique, en harmonie avec la nature. En particulier sa capitale, Reykjavík. Qu’y a-t-il de plus naturel qu’un plongeon dans une piscine réchauffée par les volcans ? Plus fascinant encore, la ville est entièrement alimentée par des énergies renouvelables. L’électricité provient de la géothermie et de dispositifs hydro-électriques, tandis que les transports en commun fonctionnent à l’hydrogène. La capitale islandaise prévoit d’ici à 2050 d’utiliser 100 % d’énergies non fossiles.

Londres, l’appel de la forêt

Même si les Anglais ont décidé de nous quitter, ce n’est pas une raison pour bouder leur capitale ! D’autant qu’elle fait partie des dix villes les plus écolo du monde. Pour entamer un tour so british, mais surtout so green, commencez par prendre l’Eurostar (direct depuis Paris-Gare du Nord) : d’après la société, venir à Londres en train « émet dix fois moins de CO₂ qu’un même trajet en avion ». Inspiré des Velib’ parisiens, le système de location de vélos « The London Bicycle » propose de traverser Londres en sortant des parcours classiques. Tout comme sa consœur allemande, Londres compte près de 40 % d’espaces verts, dont huit parcs royaux et un cimetière qui n’a rien à envier au Père-Lachaise. Même si la capitale britannique possède encore une circulation dense, une taxe d’embouteillage mise en place en 2003 permet de la réguler dans le centre-ville.

Berlin, en progrès constant

La capitale allemande est presque une ville nouvelle : après les dévastations de la Seconde Guerre mondiale, certains quartiers ont été reconstruits à l’identique, quand d’autres ont fait place à des aménagements plus modernes. Berlin est encore marquée par la Guerre froide : la scission entre l’Ouest et l’Est est encore prégnante, près de vingt-cinq ans après la chute du mur, au niveau tant social que paysager. Résultat : en 2009, 40 % du territoire sont occupés par des espaces verts ainsi que des voies navigables. Des sangliers foulent les quartiers où ville et campagne s’entremêlent. Le Tiergarten, axe verdoyant très prisé des manifestations culturelles, traverse le cœur de la ville. Ceux qui préfèrent l’eau à la terre pourront se balader le long des lacs Wannsee (sud-ouest), Müggelsee (sud-est) ou Teggeler (nord-ouest). Les transports ne sont pas en reste : on compte 650 kilomètres de piste cyclable en 2010. Le S-Bahn (équivalent du RER) traverse Berlin en une demi-heure et fonctionne 24 h/24 et 7 /7. Dans cette ville, 32 % des trajets sont parcourus à pied ou à vélo, et 27 % en transports en commun.

Bons points pour Barcelone

La ville de Gaudí a de quoi être fière. Depuis 2002, où un plan d’action énergétique (PMEB) a été signé, diverses actions ont été menées pour la rendre plus verte. Entre 1987 et 2005, les émissions de CO₂ ont diminué de 20 %, notamment grâce à l’installation de chauffe-eau solaires pour tous les équipements publics. Les cyclistes en herbe peuvent se réjouir : depuis 2009, 6 000 vélos publics sont disponibles dans 375 stations. Presque 2 % des itinéraires se font à vélo, 30 % à pied, 40 % en transports publics et 17 % en voiture. La cité catalane semble même avancer dans ce sens : lors des élections municipales de 2015, c’est Ada Colau, de la coalition citoyenne et écologiste « Barcelona en comú », qui s’est élevée au poste de maire. À quand un petit frère pour le parc Güell ?

Malmö, jardins suspendus au-dessus des fjords

Après la crise industrielle des années 1980, la ville a construit un port de 22 kilomètres la reliant à Copenhague. Là commence la métamorphose de cette zone industrielle, de poumon saturé de pollution à poche d’air frais et iodé. Quarante-deux kilomètres de piste cyclable, avec des vélos à louer : une occasion de découvrir le « plan vert », un parcours de restaurants, boutiques et parcs écolo. Pour celles et ceux qui préfèrent les baignades, les eaux pures du détroit de l’Öresund sont toutes prêtes. Et pour les amateurs de plantes ? Découvrez les toitures vertes du quartier d’Augustenborg, les plus grandes du monde. Décoration ? Pas que : elles évitent aussi les inondations, qui ont déjà ravagé les rues avant la pose de 10 000 m² de végétation. Première ville suédoise à être labellisée « Commerce équitable », Malmö projette de s’alimenter en énergies renouvelables à 100 %, tout en proposant aux petits Suédois des cantines bio.

Copenhague, nordiste exemplaire

Il y a quelque chose d’écolo au royaume du Danemark. Mais pourquoi toutes ces villes du Nord sont-elles si parfaites ? Il doit y avoir une recette magique, 100 % viking. Élue en 2014 capitale verte d’Europe par la Commission européenne, Copenhague compte chaque jour 1,1 km parcouru à vélo. En 2012, 36 % de la population se rend au travail à bicyclette. Le réseau de vélos urbains gratuits, créé en 1995, rend la promenade plus aisée pour les visiteurs. Il est même possible de se baigner dans le port. À l’instar de Malmö, c’est la réhabilitation d’un quartier qui a engendré la transition écologique de la ville : insalubre à la fin du XXe siècle, Vesterbro s’est changé en vitrine du développement durable, avec ses immeubles placardés de panneaux solaires. Et ce n’est pas tout : en dix ans, Copenhague a diminué ses émissions de CO₂ de près de 25 %.

Floréane Marinier

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